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    En danger de mots

     

    A quoi servent les mots
    Face à celui qui meurt !

    Ils apprivoisent l'abîme
    Désamorcent les peurs

    Ramifient la tendresse jusqu'au seuil de l'obscur

    A quoi servent les mots
    Face à celui qui vit !

    Ils brisent ou bien apaisent
    Incendient ou délivrent

    Ils modèlent nos visages
    Saccagent ou donnent ferment.

     


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  • 'Amrû ibn Qin'âs al-Mûrâdî

    J'ai attiré vers moi les branche d'un arbre
    Desséché et je les ai cueillies.
    L'eau que j'ai bue ne fut puisée à nulle source
    Et ne vint d'aucun ciel.
    Cette viande que nul n'a goûtée,
    J'étais seul à la manger et à la savourer....
    J'ai allumé un feu sans étincelles,
    Remuant son enfer, je m'y suis réchauffé,
    Quand mon heure viendra, elle me trouvera
    Rassasié des plaisirs de la vie, guéri.

     


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  • Adam de la Halle (1240 - 1288)

    Tant que je vivrai
    Je n'aimerai que vous.
    Sans me détacher,
    Tant que je vivrai...
    Je serai votre serviteur.
    Je m'y suis engagé tout entier.
    Tant que je vivrai,
    Je n'aimerai que vous


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  • Adélaïde Dufrénoy ( 1765 - 1825 )

    Le Besoin d’aimer

    Pourquoi depuis un temps, inquiète et rêveuse,
    Suis-je triste au sein des plaisirs ?
    Quand tout sourit à mes désirs,
    Pourquoi ne suis-je pas heureuse ?...

    Pourquoi ne vois-je plus venir à mon réveil
    La foule des riants mensonges ?
    Pourquoi dans les bras du sommeil
    Ne trouvé-je plus de doux songes ?

    Pourquoi, beaux-arts, pourquoi vos charmes souverains
    N’enflamment-ils plus mon délire ?
    Pourquoi mon infidèle lyre
    S’échappe-t-elle de mes mains ?

    Quel est ce poison lent qui pénètre mes veines
    Et m’abreuve de ses langueurs ?
    Quand mon âme n’a point de peine,
    Pourquoi mes yeux ont-ils des pleurs ?

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  • Alain Bosquet (1919 - 1998)

    Je crie pour les enfants perdus.
    J’écris.
    Je crie pour la femme éventrée.
    J’écris.
    Je crie pour le soleil qu’on souille.
    J’écris....
    Je crie pour la ville qu’on brûle.
    J’écris.
    Je crie pour l’arbre assassiné.
    J’écris.
    Je crie pour le rêve sans fond.
    J’écris.
    Je crie pour la planète folle.
    J’écris
    de ne pouvoir crier.

     


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