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Georges Courteline - Le train de 8h47*

La vie de la caserne à Commercy ne brille pas par sa gaieté sous la férule du redoutable adjudant Flick, qui s'acharne à punir sans raison des soldats à punir sans raison des soldats. La Guillaumette et Croquebol, chargés de récupérer quatre chevaux envoyés par erreur au dépôt voisin de Saint-Mihiel, prennent le train de 8h47. Oubliant de changer en temps utile, ils échouent à Bar-le-Duc, où ils sont contraints de passer la nuit en attendant le prochain train. Histoire de chercher la maison close, il font un tour en ville. Sous une pluie battante, ils atteignent ce havre de félicité où ils n'auront que le temps de lorgner les créatures. Avisant qu'ils vont rater leur train, ils partent en hâte, provoquant la fureur du tenancier. Ayant perdu leur billet, munis d'une permission périmée, les deux larrons sont arrêtés par les gendarmes, qui les jettent au cachot. Accusés d'avoir ridiculisé l'uniforme et déshonorés l'armée, ils sont condamnés à soixante jours de prison et dégradés. L'adjudant Flick jubile. Surpris à fumer pendant le service, il écope à son tour de quinze jours. La Guillaumette et Croquebol se frottent les mains et ne cessent de vanter leurs exploits imaginaires devant un public béat.

C'est un souvenir de régiment de son ami journaliste Paul Marion qui inspire Courteline, âgé de trente ans. Le train de 8h47. Le prude rédacteur qui le passe en feuilleton exige la coupe de la description, pourtant fort anodine, des dames de la maison close. Courteline proteste : " je deviens, parait-il, la honte du peloton. Je tourne à la pornographie ? C'est l'ouvrage le plus chaste du monde. " Flammarion hésite trois fois avant de l'éditer, car les écrits antimilitaristes n'ont pas la cote. A sa sortie, le roman est salué avec enthousiasme par les hommes de lettres. Courteline refusera longtemps de confier de confier les droits d'adaptation à l'auteur dramatique Léo Marchès " Vous êtes complètement fou ! Le train de 8h47, c'est des militaires qui se baladent sous la pluie... On ne fait pas une pièce avec ça... " Il cèdera pourtant et se désintéressera du triomphe remporté par la pièce.    

 

 

    

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