• Jacques Cazotte - Le Diable amoureux

    A Naples, le jeune Don Alvare mène une vie de libertin : le jeu, le vin, les femmes seuls l'occupent. A la faveur d'une rencontre de café, il se laisse mener aux ruines de Portici dans l'intention d'y dialoguer avec les esprits. D'abord effrayé par l'apparition d'une tête de chameau affreuse, il parvient à soumettre les forces maléfiques, qui prennent alors la forme d'un page qu'il ne peut cependant congédier. Ce page, c'est Biondetta, jeune femme de grande beauté, qui séduit Alvare, d'abord rétif, puis tout à fait docile. Ensemble, ils vont à Venise, où ils vivent fastueusement grâce au conseils de Biondetta. Alvare résiste aux séductions de celle-ci, mais décide de l'épouser. C'est pourquoi il l'emmène en Espagne, afin de la présenter aux siens. Mais, sur la route, les obstacles sont si nombreux qu'Alvare est envahi par le doute : les caresses et les promesses de Biondetta ne suffisent plus à le convaincre. Le diable prend alors la place de la belle pour exiger, mais en vain, une soumission totale du jeune homme, puis disparaît. Alvare, qui croit d'abord sortir d'un songe, comprend qu'il a défié le Malin.

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    Auteur d'oeuvre badines et fantaisistes, et à ce titre considéré comme un "petit maître" du XVIIIè siècle, Cazotte innovait en écrivant en 1772, Le Diable amoureux, court roman ambitieux, dont le ton léger d'abord, est très vite dominé par une atmosphère lourde de mystère. Jusqu'aux derniers moments, l'incapacité de faire part du songe et de la réalité laisse le lecteur dans une indétermination inquiétante : au jeu du diable se superpose un jeu littéraire ambigu. Étrange, surnaturel, le roman de Cazotte est aussi "moral". Don Alvare, qui a commis l'erreur de jouer avec les esprits maléfiques, est soumis à la triple tentation de la beauté, de la fortune et de la gloire promises par Biondetta. Les forces du Malin sont vaincues cependant, la foi catholique et le souvenir maternel demeurant constants chez Alvare. 

    Roman fantastique, roman d'analyse, conte moral, Le Diable Amoureux, écrit à la première personne, se présente ainsi comme une confession.

    Nouvelle galante et roman d'analyse, Le Diable amoureux est aussi une allégorie morale et, plus profondément, l'expression d'un engagement philosophique et religieux. Il n'est guère besoin de dépasser le sens littéral du texte pour y voir figurer en clair l'histoire d'une tentation et, à travers elle, l'expression allégorique de toutes les tentations. Alavre représente l'humanité moyenne et ses faiblesses. En se laissant aller à la curiosité pour le surnaturel, Alvare ne fait que céder à la première d'une série de tentation successives et s'engage dans une voie qui lui fera perdre peu à peu toute volonté et toute clairvaoyance.

     


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