• Bob Kane et Batman

    Apparu sous la forme d'une aventure de six pages dans Detective Comics n°27 en mai 1939, The Batman, héros de papier, est né d'une commande. Devant l'immense succès de Superman, le premier super héros, Harry Donenfield et Jack Liebowitz demandent au dessinateur Bob Kane de créer un nouveau super héros. Dans son atelier du Bronx, Kane dessine un "Batman" sous multiples influences. La première est un film muet de Roland West, The Bat (1926) dans lequel un criminel, déguisé en chauve-souris, terrorise les occupants d'une villa. La seconde est une paire d'aile inspirée de l'ornithoptère, une machine volante semblable à un planeur conçue par Léonard de Vinci.   

    Si, dès son origine, Batman se manifeste comme un héros pulp, Bill Finger, le scénariste, modifie très rapidement sa silhouette. Ses ailes sont remplacées par une cape festonnée, le rouge de son justaucorps devient gris, il porte des gants.

    Autres références, Batman est un détective qui analyse minutieusement chaque détail pour arriver à la vérité. Il est donc également inspiré du célèbre enquêteur britannique Sherlock Holmes, dont il partage l'esprit analytique et le caractère introverti et solitaire.

    Enfin, Batman a souvent été décrit comme le "Citizen Kane des comics" en raison de son esthétique avant-gardiste. Influencé par la photographie et les ambiances expressionniste du film d'Orson Welles, Bob Kane assimile Bruce Wayne à une réminiscence du fameux Charles Foster mis en scène par le réalisateur de Citizen Kane.

    Bob Kane et Batman

     Synthèse d'un certain nombre d'archétype de héros, il préfigure James Bond avec plus de dix ans d'avance. Il utilise des gadgets perfectionnés issus le plus souvent de son laboratoire souterrain, la Batcave. Il possède une Batmobile et deux engins volants le Batplane et le Batgyro. David Mazzucheli explique que l'origine de Batman " a toujours été fonction des circonstances : pas de meurtre, pas de Batman Ce point crucial a déjà été débattu, mais à ma connaissance jamais éliminé. Malgré les précédents historiques, je n'ai jamais été à l'aise avec l'idée de la vengeance comme un idéal héroïque. Un héros ne doit-il pas incarner davantage que ça ? ".

    Pour Franck Miller, Batman " est clairement un homme qui a une mission, mais celle-ci, n'est pasla vengeance personnelle. Il est plus grand que ça. Il veut que le monde soit un endroit meilleur, où jamais un jeune Bruce Wayne ne serait une victime. En un sens, il veut se rendre lui-même superflu ; Batman est un héros qui rêve de na pas avoir à exister ".

    A la différence de Superman, Batman ne posède aucun pouvoir ou accessoir suraturel. Il combat ses adversaire à l'aide de sa force, de son courage, de son intelligence et n'en acquiert que plus d'humanité. Dans sa quête de justice, il bénéficie de l'aide discrète du commissaire Gordon, un policier juste et intègre. Wayne a aussi un faire-valoir, l'orphelin Dick Grayson, qui endosse le costume de Robin et l'accompagne dans ses aventures.

    Batman fonctionne comme un mythe qui répond aux code de l'ère moderne. C'est un être humain auquel n'importe qui peut s'identifier, et qui défend des valeurs de justice qui résonnent avec nos aspirations. De Momotaro, héros du folklore japonais, à Moïse, la littérature mondiale raconte des histoires d'orphelins adoptés qui, découvrant leur spécificité une fois adulte, deviennent des héros. Batman fait partie de cet archétype populaire et répond en quelque sorte à nos peurs et à nos fantasmes les plus primitifs : ceux de la perte et de l'abandon.  

      


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