
Présenté comme la traduction italienne d'une traduction française d'un manuscrit introuvable, le roman d'Umberto Eco a pour narrateur le bénédictin Adso de Melk, qui raconte avec beaucoup d'ingénuité les sept assassinats - un par jour - et l'incendie criminel dont il a été témoin, alors que, tout jeune secrétaire d'un moine franciscain érudit, Guglielmo de Baskerville, il était allé rendre visite avec lui aux moines d'un couvent situé au nord de l'Italie.
Les deux visiteurs sont intrigués par le secret qui entoure la vaste et précieuse bibliothèque de l'abbaye, un véritable labyrinthe dont la sentinelle est Jorge, moine aveugle que hantent les tentations spirituelles du diable. Le vieux Jorge se méfie tout particulièrement d'un ouvrage d'Aristote sur le rire. C'est l'occasion pour le romancier pour nous raconter par le menu les débats théologiques, l'inquisition ou encore les conflits de l'époque entre autorités religieuses et civiles.
En dépit du poison et du sang versés, de quelques épisodes salaces et d'une innocente idylle qui marque les premiers émois du jeune novice, l'évocation historique et le débat d'idées, dont certains trouveront un échos dans le monde contemporain, l'emportent sur l'intrigue policière, dans ce roman souvent ardu, truffé de citation latines et de référence érudites à la civilisation du Moyen-Age : " Je voulais devenir complètement médiéval et vivre le Moyen-Age comme si c'était mon époque..." explique l'auteur. Un curieux polar d'une érudition qui frôle parfois la pédanterie mais avec un humour constamment sous-jacent et dont la principale source est la naïveté du jeune narrateur amené à raconter les choses les plus savantes sans rin y comprendre.
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Paru en Italie en 1980, ce livre, qui se prête à diverse grilles de lecture, est le premier roman d'un écrivain déjà réputé dans le monde entier comme sémiologue.
Dans l'apostille qui suit l'édition revue et augmentée de l'ouvrage, Umberto Eco raconte comment l'idée lui est venue "d'empoisonner un moine" et de se lancer dans la fiction. Quand au passages qui pourraient paraître trop didactiques, il précise : " Après avoir lu le manuscrit, mes amis de la maison d'édition me suggère de raccourcir les cents premières pages, qu'ils trouvaient trop absorbantes et fatigantes. Je n'eus aucune hésitation, je refusai. Je soutenais que si quelqu'un voulait entrer dans l'abbaye et y vivre sept jours, il devait en accepter le rythme. " De fait, son abord difficile n'a pas empêché l'ouvrage de devenir très vite un best-seller et d'inspirer le cinéaste Jean-Jacques Annaud qui en a tirer un film sorti en 1986.
