Thomas Becket, archevêque de Canterbury, revient en Angleterre en décembre 1170 après un exil de sept ans. Opposé au roi au sujet des pouvoirs respectifs de l'Eglise et de l'Etat qu'il pense devoir être indépendant l'un de l'autre, Becket a cependant par le passé été son compagnon de plaisir et de pouvoir temporel. Durant ls derniers jours de sa vie que retrace la pièce, l'archevêque est confronté dans la première partie à des tentations (allégoriques) de sensualité et de pouvoir, aux exhortations de ses prêtres qui lui recommandent la fuite et aux menaces proférées par les chevaliers du roi. Le sermon qu'il fait à Noel sur la Rédemption constitue un intermède entre la première et la seconde partie. Dans celle-ci est retracé le meurtre de Becket perpétré dans la cathédrale par les chevaliers, qui adressent ensuite au peuple des discours pour justifier leur action par la raison d'Etat et la folie de Becket.
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Le titre de la pièce pourrait être celui d'un roman policier et n'en annonce pas vraiment le contenu. La thèse religieuse rend en effet le texte assez austère et peut-être un peu rébarbatif pour un lecteur contemporain, avec la méditation qu'Eliot propose sur l'indépendance du pouvoir spirituel face au temporel et sur la foi en la rédemption des pécheurs parle sang du Christ, qui constitue l'essentiel du prêche central de Becket. Le texte acquiert dépendant une dimension poétique par le langage du chœur et le style allégorique. Le recourt à un chœur rappelle les tragédies antiques. Les lamentations des femmes tout au long de la pièce suivent bien cette tradition du chœur pleurant sur les malheurs du passés des héros et annonçant un destin funeste. D'autre part, les allégories de la tentation que Becket doit affronter dans la première partie donne vie et mouvement à l'introspection de l'archevêque et rappellent la littérature médiévale, respectant ainsi le cadre historique de l'intrigue.