Le journal d'un curé de campagne nous fait pénétrer dans l'univers quotidien d'un jeune prêtre issu d'une famille pauvre, nommé curé d'Ambricourt. Il souffre d'une très grande solitude : le curé de Torcy, tout proche, à la rondeur bourrue, paternel, le conseille. En ducateur, il lui fait part de son expérience. Mais c'est son journal que le curé d'Ambricourt confie ses plus grandes souffrances et ses joies les plus intimes ; malade, il ne peut se nourrir que de pain et de vin ; humble, il écoute ses supérieurs et parle peu. Au château où il est souvent convié, il a un rôle de consolateur ; le comte est infidèle, et la comtesse pleure un fils mort ; elle cache son affliction sous une grande méchanceté. En exorcisant sa douleur, il tente de la conduire vers la rédemption. Il rapporte aussi dans son journal ses difficulté à prier tout en disant : " Je n'oserai jamais écrire ce que je ne confie pas au Bon Dieu presque chaque matin sans honte. "
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Satan recherche comme proies ceux qui sont aveugles devant les puissances du mal. Aussi, tous les héros de Bernanos, comme le curé d'Ambricourt, accueillent-ils en eux la souffrance et les péchés du monde : la maladie est le signe visible que le mal est porté. Elle conduit plus avant sur le chemin de la sainteté. L'être le plus cher au cœur de Dieu est celui qu'incarne je jeune curé : m'être déconcertant de simplicité qui n'a de cesse d'endosser le mal, le sien, celui des autres, celui du monde. L'humilité, la pauvreté et la faiblesse sont élevées au rang de valeurs sacrées ; elles deviennent, avec l'espérance, la foi et la charité, les principales vertus théologales.
L'essentiel est ainsi de garder l'esprit d'enfance, de fuir la médiocrité ; c'est l'enseignement du jeune curé. La prière est source et aboutissement de sa vocation ; c'est elle qui permet de sauver ce qui était perdu, de recouvrer la grâce, de se fondre dans ce que Bernanos appelle "la communion des pécheurs" qui visent à la communion des saints.
Bernnos a vécu une époque (les deux guerres mondiales) où le mal sous toutes ses formes a cruellement frappé les hommes. Dans le Journal d'un curé de campagne, il représente le mal comme un monstre gluant qui aspire l'homme vers le vide, comme un cancer qui mange les forces de vies. C'est ce mal que combat le curé d'Ambricourt, qui souffre du silence de Dieu : il réussi pourtant à y faire face, à dominer la maladie qui le ronge. Il arrive à vaincre l'incompréhension du village, la méfiance de mademoiselle Louise, institutrice au château, et les mauvais coups de Séraphita, l'élève espiègle et insolente du catéchisme. Il parvient à briser le mensonge et la haine de la comtesse envers sa fille. C'est grâce à son humilité, qui lui donne une grande lucidité.