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    Daniel Defoe - Robinson Crusoé

    Après une adolescence tumultueuse, Robinson Crusoé, s'installe au Brésil pour y faire la traite des Noirs. Au cours d'un de ses voyages, son bateau fait naufrage. Seul rescapé, il gagne une île déserte et y organise sa vie en s'improvisant pêcheur, chasseur, maçon...
    Il s'installe dans la solitude jusqu'à ce qu'une tribu d'indigènes débarquent sur l'île afin d'y dévorer l'un des leurs. Sauvé par Robinson, celui-ci, baptisé Vendredi, devient dès lors le fidèle serviteur de son bienfaiteur.
    Commence alors une éducation exaltant les valeurs économiques, religieuses et morales de l'homme blanc....

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    Daniel Defoe - Robinson Crusoé

    Daniel Defoe publie ce livre en 1719 qui deviendra l'un des plus célèbre de la littérature mondiale. Inspirée par l'histoire véridique du marin Selkirk abandonné pendant cinq ans sur une des îles de Juan Fernandez, l'œuvre a comme réelle vocation de constituer un traité d'éducation. Robinson lutte contre la solitude, le découragement et trouve son salut dans le travail.

    Contrairement à Selkirk, presque retourné à l'état sauvage, Robinson Crusoé, non seulement n'oubliera pas les valeurs de la civilisation mais encore les inculquera à un sauvage, Vendredi.

    Rousseau ne s'y trompera pas et souhaitera que ce livre constitue l'unique ouvrage de la bibliothèque de son Emilie.


    Considéré par beaucoup comme le créateur du roman moderne, Defoe fera publier son "Robinson Crusoé" sans que son nom apparaisse, afin de laisser croire à d'authentiques mémoires.

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    Voilà encore une histoire que tout le monde connaît et que très peu ont lu. Les films ne pourront jamais montrer toute la richesse du message de l'auteur.

    Ce roman, souvent considéré comme un livre d'enfant, suscita l'admiration de nombreux auteurs.

    André Malraux déclarera : "Trois livres tiennent en face de la prison : Robinson, Don Quichotte, L'Idiot... Le premier lutte pour le travail, le second par le rêve et le troisième par la sainteté"

    Description de Vendredi :

     "C’était un grand beau garçon, svelte et bien tourné, et à mon estime d’environ vingt-six ans. Il avait un bon maintien, l’aspect ni arrogant ni farouche et quelque chose de très-mâle dans la face ; cependant il avait aussi toute l’expression douce et molle d’un Européen, surtout quand il souriait. Sa chevelure était longue et noire, et non pas crépue comme de la laine. Son front était haut et large, ses yeux vifs et pleins de feu. Son teint n’était pas noir, mais très-basané, sans rien avoir cependant de ce ton jaunâtre, cuivré et nauséabond des Brésiliens, des Virginiens et autres naturels de l’Amérique ; il approchait plutôt d’une légère couleur d’olive foncé, plus agréable en soi que facile à décrire. Il avait le visage rond et potelé, le nez petit et non pas aplati comme ceux des Nègres, la bouche belle, les lèvres minces, les dents fines, bien rangées et blanches comme ivoire." 

     

    Daniel Defoe - Robinson Crusoé


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    Calderon de la Barca

    Le sage roi de Pologne Basile, qui est astrologue, a lu dans les étoiles que son fils Sigismond tuerait sa mère en naissant, détrônerait ensuite son père, et règnerait comme un despote sur ses sujets.
    Il le condamne donc a vivre dans une tour, isolé du monde, gardé et élevé par son précepteur Clotalde. Mais Basile se prend à penser que les étoiles l'ont peut-être trompé. Il fait donner un narcotique à Sigismond lorsque celui-ci est devenu adulte, et voici que le jeune homme se réveille au palais. Pensant à ce qu'il a souffert dans sa tour, le prince se montre insolent, brutal et féroce; aussi Basile lui fait-il administrer un autre narcotique et le renvoie à son ancienne prison. Clotalde lui assure qu'il n'a pas réellement vécu la scène du palais mais qu'il l'a bel et bien rêvée.....

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    Calderon de la Barca - La vie est un songe - Espagne

    La force de cette comédie baroque du XVIIe siècle espagnole tient dans une idée maîtresse : la vie est un songe, toute réalité n'est qu'illusion trompeuse.
    La vie est un songe pose un problème théologique qui passionne toute la chrétienneté depuis la f
    in du XVIè siècle.
    Une question épineuse quin oppose la thèse de la prédestination, selon laquelle Dieu choisi ses créatures sans tenir compte de leur oeuvres sur terre, et celle du libre arbitre : l'homme peut choisir de faire le bien ou de faire le mal, Dieu le jugera sur ses oeuvres.
    Chef-d'oeuvre de l'art baroque La vie est un songe a marqué par sa puissante originalité tout le siècle. Corneille s'en souviendra en écrivant L'Illusion comique. La vie est un songe demeure une oeuvre visionnaire d'une grande modernité.

    Calderon de la Barca - La vie est un songe - Espagne

     


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    Barjavel René - Le voyageur imprudent

    Le héros a inventé un scaphandre qui lui permet de voyager dans le temps. Il va faire un tour dans le futur : l'humanité y est devenue si spécialisée qu'il y a les "mangeurs" d'un coté et les "buveurs" de l'autre. Il plonge ensuite dans le passé, devant Toulon assiégée par le jeune Bonaparte. Une idée lui vient : Et si je tuais Bonaparte, que deviendrait l'histoire ? Seulement un homme s'interpose et tombe à la place du futur empereur. C'était un ancêtre du héros, qui tout à coup, se met à ne plus exister.

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    Barjavel René - Le voyageur imprudent

    Et voici le fameux paradoxe énoncé pour la première fois par Barjavel :
    Il a tué son ancêtre ?
    Donc il n'existe pas.
    Donc il n'a pas tué son ancêtre
    Donc il existe.

    Donc il a tué son ancêtre
    Donc il n'existe pas....

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    En fait, ce n'est pas le meilleur Barjavel. Le livre vaut surtout pour le paradoxe cité plus haut.

    Barjavel René - Le voyageur imprudent


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    Alain-Fournier - Le grand meaulne

     Augustin Meaulnes, que ses camarades surnomment " Le Grand Meaulnes ", est pensionnaire dans un village solognot, chez un directeur d'école, M. Seurel, père de François, le narrateur. Peu de temps avant les vacances de Noël, Meaulnes qui est parti chercher les grands-parents de François à Vierzon, s'égare dans " l'endroit le plus désolé de la Sologne ". Le lendemain d'une nuit passée dans une bergerie, attiré par un manoir abandonné, il s'engage dans une allée où il voit des petites filles habillées de costumes anciens. " Y aurait-il une fête en cette solitude ? " se demande Meaulnes. Pour ne pas effrayer les enfants, il entre dans une chambre qui lui semble inoccupée et s'endort. A son réveil, un costume d'autrefois est posé sur le lit. Le soir, un peu angoissé à la longue de tout ce plaisir qui s'offrait à lui, il se réfuie dans un petit salon où une jeune fille, Yvonne de Galais, joue du piano devant les enfants. Les jours suivant, il la revoit une dernière fois avant une longue séparation. Grâce à son ami François, il retrouvera Yvonne et l'épousera. Mais, au lendemain de son mariage, Meaulnes partira pour un long voyage, appelé par Franz, le frère...  

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    Henry Fournier, qui prendra le pseudonyme d'Alain-Fournier, a tout juste vingt-sept ans quand, en 1913, est publié Le Grand Meaulnes. Mobilisé dès le début de la guerre, il est porté disparu le 22 septembre 1914. Sa correspondance et quelques poèmes et contes seront publiés après sa mort, mais l'oeuvre d'Alain Fournier, c'est Le Grand Meaulnes. Tous les grands écrivains de ce siècle s'accorderont à reconnaître l'importance de ce roman unique, dans lequel le rêve et le mystère sont l'essence même de l'histoire. L'auteur a choisit la Sologne comme décor car il a été élevé dans cette région, et aucune autre n'offre autant d'étrangeté à ses yeux. Alain Fournier est sensible à la terre et à la beauté de ces paysages campagnards que la brume matinale rend oniriques et lointains.

    Le Grand Meaulnes est un roman poétique. Il échappe aux classifications, il est autre chose. Et il est surtout un chant de son auteur, qui veut faire revivre son enfance. Il est une confession lyrique tentée par les moyens du roman. Les héros sont des figures détachée de la nébuleuse qu'est la rêverie du poète, ils baignent dans cette lumière intérieure et les mouvements de l'action reproduisent les cadences sentimentales dont il s'enchantait. 

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    Alain Fournier - Le grand meaulne

    Gustave Lanson, célèbre critique littéraire du début du XXe siècle, voyait dans Le Grand Meaulnes « un conte bleu qui prétend s’inscrire dans le réel ».

    Ce roman d’Alain-Fournier publié en 1913 relève en fait de plusieurs genres : le roman de terroir, le genre onirique, le récit autobiographique, le roman d’aventures et bien sûr le roman d’adolescence.

    Alain Fournier - Le grand meaulne


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  • Georges Perec - La disparition

    Mais qu'est-ce qui a bien pu disparaître dans le livre de George Perec.
    Il nous donne une indication : « un rond pas tout à fait clos, fini par un trait horizontal ».
    Je dois avouer que je ne me rappelle plus du tout la trame de ce roman. Mais est-ce bien cela l'important ? Ne serait-ce pas le tour de force d'avoir écrit tout un roman en omettant volontairement la lettre "e" ?

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    Il s'agit avant tout d'un roman racontant la disparition d'un quidam, Anton Voyl. Son nom, à coup sûr, fait allusion au truc disparu. Quant à la construction du roman, on dirait du polar (plutôt noir a priori, il y a un mort, puis moult assassinat)

    Il s'agit d'un roman inouï. Savoir bâtir tout un roman sans jamais saisir un trait si vital au patois du français, aux allocutions, aux rapports, à la narration, tout un roman sans l'important truc qui surgit avant F, qui naît à l'aval d'A, B, C, D, ... dont G. P. disait : " un rond pas tout à fait clos, fini par un trait horizontal ". Trop fort !

    Un travail colossal mais amusant, où il faut bannir un mot, nom pas qu'un mais à foison. Il s'agit d'un boulot long mais jouissif lorsqu'on a su ou pu saisir un bon nom puis un prochain garantissant un final accompagnant la loi qu'on poursuit. Il n'a pas bâti son roman d'un coup, durant un jour ou dix. Non. Il lui a fallu pas moins d'hardis longs mois pour sa fabrication.  

     

    Georges Perec - La disparition

    Extrait :

    " Anton Voyl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, s'appuyant sur son polochon. Il prit un roman, il l'ouvrit, il lut; mais il n'y saisissait qu'un imbroglio confus, il butait à tout instant sur un mot dont il ignorait la signification.
    Il abandonna son roman sur son lit. Il alla à son lavabo; il mouilla un gant qu'il passa sur son front, sur son cou.
    Son pouls battait trop fort. Il avait chaud. Il ouvrit son vasistas, scruta la nuit. Il faisait doux. Un bruit indistinct montait du faubourg. Un carillon, plus lourd qu'un glas, plus sourd qu'un tocsin, plus profond qu'un bourdon, non loin, sonna trois coups. Du canal Saint-Martin, un clapotis plaintif signalait un chaland qui passait.
    Sur l'abattant du vasistas, un animal au thorax indigo, à l'aiguillon safran, ni un cafard, ni un charançon, mais plutôt un artison, s'avançait, traînant un brin d'alfa. Il s'approcha, voulant l'aplatir d'un coup vif, mais l'animal prit son vol, disparaissant dans la nuit avant qu'il ait pu l'assaillir."

    Georges Perec - La disparition

     


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