• Abandonnant la chasse au tigre, le major Thompson décide d'explorer la jungle française et consigne ses observations sur les autochtones, leurs comportements, leurs manies, leurs qualités, leurs défauts...

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    Les Carnets du major Thompson sont un des plus grand succès de ces dernières années. Traduit dans 28 pays, ce
    chef-d'oeuvre d'humour fait l'objet d'éditions scolaires et universitaires en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suede, aux Etats-Unis,.... 

    Le but du livre est d'amuser et la réussite est complète. Les pérégrination du Major à la découverte de la France et des Français sont racontés avec un humour très fin. D'abord, le Major adresse ses regrets à Monsieur Daninos, parce qu'il n'est pas Anglais et dès lors privé irrémédiablement d'humour ! Puis dans ses notes, il s'étonne et s'amuse de tout ce qu'il découvre en France et d'abord des Français : leur manière de parler, de s'amuser, de recevoir, de voyager, de pratiquer un sport et d'en parler dans les journaux ou à la radio ; il ironise sur l'Histoire de France telle qu'on la connait en Angleterre et telle qu'on la raconte en France : un gros morceau est évidemment la manière de manger et de se tenir à table, et puis il y a la manière d'aimer et de parler d'amour. Enfin tout y passe ou presque tout.

     

    Extraits :    

    - La France est le seul pays au monde où, si vous ajoutez dix citoyens à dix autres, vous ne faites pas une addition, mais vingt divisions.

    - De tous les pays du monde, la France est peut-être celui où il est le plus simple d'avoir une vie compliquée et le plus compliqué d'avoir une vie simple.

    - Il n'est pas interdit de penser que, si l'Angleterre n'a pas été envahie depuis 1066, c'est que les étrangers redoutent d'avoir à y passer un dimanche.

    - Les Anglais se disent sportifs quand ils font du sport. Les Français se disent sportifs quand ils en voient.

     - La France ? Une nation de bourgeois qui se défendent de l'être en attaquant les autres parce qu'ils le sont.

    - La plupart des automobiles du monde marchent à l'essence. Les autos françaises marchent au klaxon. Surtout quand elle sont arrêtée.

    - Les parents français sont plutôt vexés si leur fils ne sonne pas des signes d'intelligence précoce. Les Anglais sont inquiets s'il en manifeste.  




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  • Honoré de Balzac

    Honoré de Balzac, qui a écrit des dizaines d'ouvrages, n'est finalement l'homme que d'un seul livre. Son ambition littéraire était folle. Elle a fini par dévorer sa vie. Il nous reste aujourd'hui sa Comédie humaine, livre unique et monumental en plusieurs tableaux, qui est comme un gigantesque palais dont certaines pièces seraient entièrement décorées, d'autres à peine repeintes et quelques-unes encore sur plans. 

    Dans ce palais de mots et d'images, quelques jardins pleins de mystères communiquent avec des souterrains aux secrets inquiétants. Des passages dérobés relient les salles d'apparat, tandis que, derrière la maçonnerie apparente, d'obscurs escaliers tissent le réseau frissonnant d'une architecture parallèle.

    Véritable miroir du monde, La Comédie humaine reflète aussi bien les lumières de la raison que les ténèbres du fantastique, ces deux faces de notre éternel quotidien. Et Balzac, qui est un des plus grand écrivains français, est, par le même jeu de miroir, une de nos plus grandes plumes fantastiques.

    Balzac est né en 1799. Le siècle des Lumières s'achève : il aura vu l'intelligence française se libérer des superstitions religieuses. Il aura également vu un prodigieux réveil des courants ésotériques : de la franc-maçonnerie aux baquets de Mesmer, de Cagliostro à Saint-Martin, le "philosophe inconnu", et à Swedenborg, l'occulte aura été la grande passion de l'Ancien Régime. Comme la plupart des grands écrivains du XIXe siècle, Balzac se montrera toujours fasciné par les forces cachées qui sont la vraie énergie. 

    Les détails de sa vie sont connus. Ceux de son oeuvre également : en moins de cinquante ans de vie, ce fou d'écriture fera vivre plus de 2 000 personnages, qui se retrouveront dans l'un ou l'autre des 90 romans de la Comédie humaine... Arrêtons-nous plutôt aux œuvres qui donnent leur véritables sens à cette colossale fresque : comme par hasard, ce sont les œuvres fantastiques...

    Honoré de Balzac

    C'est par le roman noir que Balzac fait ses premières armes littéraire en 1822. La mode est alors aux fantômes et au surnaturel : l'apprenti romancier s'y complaît avec frénésie, usant des pseudonymes les plus divers. Plusieurs de ses romans ultérieurs, intégrés à la Comédie humaine, garderont l'empreinte de cette vague "noire" : son Melmoth réconcilié est démarqué du Melmoth de Maturin, tandis que son Vicaire des Ardennes rappelle le Moine de C.S. Lewis et que sa Dernière Fée imite adroitement les romans d'Anne Radcliffe.

    Le "vrai " Balzac accède à la gloire autour de 1830. Cette année-là, il écrit La Peau de chagrin et songe à ses futurs chefs-d’œuvres, à la dominante fantastique : Louis Lambert  - La Recherche de l'absolu - Séraphita ou Melmoth réconcilié. Au cours des deux décennies suivantes, Balzac n'écrira plus que des romans "sociologiques".

    L'argument de La Peau de chagrin est classique : un antiquaire vend à un jeune homme désespéré une peau de chagrin qui exauce tous ses désirs, mais en rétrécissant à chaque expression d'un souhait. Un instant grisé, le jeune homme se voit vite condamné à une vie végétative, avant de mourir tout aussi désespéré. Nul n'échappe à son destin, qu'il soit lié aux forces de la lumière ou à celle de l'ombre.

    Honoré de Balzac

    Dans Louis Lambert, Balzac se penche sur un autre destin, celui d'un homme aveuglé par une trop brutale illumination, celle que procure l'intelligence de l'Univers. L'écrivain profitera de la fiction pour exposer ses idées sur les phénomènes paranormaux. 

    Si Séraphita reprend le vieux thème de l'androgyne, avec un rare bonheur d'écriture, La Recherche de l'absolu revient sur celui d'un destin incendié par la quête de la lumière. Balthazar Claës y liquide l'immense fortune léguée par ses ancêtres en s'épuisant à trouver l'absolu, le principe d'unité de la matière. On ne badine pas avec les secrets de l'Univers.   

    Parmi les autres chefs-d'oeuvre fantastiques de Balzac, il faut également mentionné Élixir de longue vie, influencé par Hoffman, Le Chef-d'oeuvre inconnu, une étrange méditation sur l'art (deux artistes s'interrogent sur une toile qui ne représente... rien, l'auteur du tableau ayant poussé trop loin la soif de l'absolue beauté), La Comédie du diableLes Deux Rêves, dans lequel le fantôme de Catherine de Médicis vient "conseiller" Robespierre, où Falthurne, un roman demeuré inachevé et publié après la mort de l'écrivain.

    Honoré de Balzac

    La plupart de ces romans et de ces contes ont été classés par Balzac lui-même dans les Etudes philosophiques, où il regroupait tous ses textes touchants de près ou de loin aux phénomènes étranges, susceptibles de "conduire le lecteur à une quelconque rêverie philosophique"

    Il ne faut pas en effet, se méprendre sur le Balzac fantastique : il s'agissait avant tout de donner  à penser et à réfléchir, non de jouer avec les nerfs du lecteur. Le fantastique balzacien est avant tout une mise en question de l'Univers par l'homme. C'est la peur de cet homme face à l'insondable, à l'inexplicable et à l'infini.

    L'absolu existe-il ? Balzac ne nous a montré que des êtres détruits dans sa recherche. Il ne nous a pas découragés. C'est sans doute pourquoi, contrairement aux autres romans "noirs" de son temps, aujourd’hui bien démodés, ses œuvres demeurent aussi fortes. Et aussi présentes.   

     


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  • Francis Paul Wilson - Mort Clinique

    Une école de médecine "quatre étoiles" nichée dans la verdure du Mayland, réunissant les meilleurs élèves du pays. Cerise sur le gâteau, cette école est gratuite mais il y a une... contrepartie. Et forcément, elle est de taille.

    C'est ce que vont découvrir peu à peu Quinn Cleary et Tim Brown, deux étudiants de première année. Evenement bizarres, coïncidences troublantes, mise a jour de rouages inquiétants, discours scientifiques qui dissimulent des enjeux économiques considérables... Nos deux élèves vont se plonger dans la terreur, l'horreur la plus pure, le cauchemar absolu que représente une mort lente déguisée en expérimentation de techniques médicales de pointe.

    Sous couvert d'un thriller redoutablement efficace, Paul Wilson traite d'un sujet brûlant entre tous : le système de santé à l'heure de l'explosion démographique de la planète, à l'heure des pandémies menaçant le monde.

    Nous entendons souvent parler dans les média de médecine à deux vitesses : une pour les riches et une pour les pauvres. Et si cela était déjà en marche ?

     

     


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  • Alphonse Daudet est né un 13 mai 1840, à Nîmes dans une famille bourgeoise et commerçante. Suite à une faillite, les Daudet durent s'exiler à Lyon où, les difficultés succédant aux déboires, la famille éclata et se dispersa. Ne pouvant passer son bac pour des raisons uniquement financière , le jeune Alphonse trouva un poste de surveillant à Alès. Cette première partie de la vie de Daudet, passée le plus souvent dans l'adversité, la misère et la solitude, est assez fidèlement racontée dans Le Petit Chose. Arrivé dans la capitale pour se consacré à la littérature, il allait assez vite faire parler de lui. Il définissait alors en ces termes son projet littéraire : décrire " des milieux strictement vrais, copiés d'après nature ", comme un peintre avec ses carnets de croquis.

    Alphonse Daudet - Bio

    Ses premiers succès, Daudet les remporta pourtant avec un recueil de poésies, Les Amoureuses, qui lui ouvrit les portes de plusieurs journaux, dont Le Figaro et la Revue fantaisiste, auxquels il donna des chroniques en vers et en prose. Cette notoriété attira l'attention sur lui, et c'est ainsi qu'il entra en 1860 dans le cabinet du duc de Morny, alors membres du Corps législatif. Daudet n'avait que vingt ans, ses soucis financières avaient disparu, son travail lui laissait largement le temps d'écrire. Il donna alors coup sur coup trois pièces de théâtre (La Dernière Idole ; Les Absentes ; L’œillet blanc), il retrouva sa Provence natale, qu'il parcourait avec Mistral, et voyagea en Algérie et en Corse ; de ces promenades et de ses voyages, il rapporta des atmosphères, des personnages et des saveurs, qui allaient habiller ses œuvres à venir : Les Lettres de mon moulin et la trilogie des Tartarin, parue d'abord en feuilleton.

    Alphonse Daudet - Bio

    Ses vrais débuts dans la carrière littéraire, Daudet les fit avec Le Petit Chose, un roman de mœurs plus proche des goûts du public parisien d'alors que l'exotisme des aventures et des fanfaronnades provençales, Daudet, dans la mouvance des courants réalistes et naturistes, fréquentait alors Flaubert et Zola et les Goncourt, et son public rassemblait aussi bien les lecteurs de Zola que ceux de Dickens. Jack, histoire d'un enfant abandonné qui sombre dans l'alcoolisme et meurt de tuberculose, renforça encore sa popularité, qui s'étendit aux contes provençaux. Daudet approchait alors de la quarantaine, travaillait énormément, mais trouvait encore le temps d'être le chroniqueur dramatiques et recevoir de nombreux amis écrivains, s'adonnant avec eux à la "folie du café" (François Coppée, Sully Prudhomme, Anatole France, Heredia) pendant des nuits entières. 

     

    Alphonse Daudet - Bio

        En 1867, Alphonse Daudet avait épousé Julia Allard. De cette union naquirent trois enfants, dont Lucien Daudet, auteur d'une biographie de son père, et Léon Daudet, le futur rédacteur en chef de l'Action française. Le troisième enfant, une fille prénommée Edmée, naquit en 1885. Cette naissance tardive fit oublié momentanément à Alphonse Daudet ses très graves problèmes de santé. En effet, atteint d'une maladie nerveuse qui le tourmenta pendant plus de dix ans. L'écrivain souffrait parfois le martyre et devait s'astreindre à des soins réguliers. A partir de l'année 1885, donc, " et si invraisemblable que cela paraisse, il y a trois parts très distinctes dans son existence. D'abord la maladie. Ensuite le travail, l'oeuvre qui continue comme si la maladie n'existait pas et enfin l'amour de la vie qui, à présent que la vie physique se réduit et se réduira de plus en plus, devient l'amour de l'humanité ".

    Alphonse Daudet - Bio

     

    Malgré quelques répits qui lui permirent de séjourner en Italie et en Angleterre, inexorablement, comme le loup finit par dévorer la chèvre de M. Seguin, la maladie l'emporta le 16 décembre 1897. Il était membre de l'Académie Goncourt, depuis sa fondation officieuse en 1884.  

     


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  • Harris, George et Jérôme se trouvent souffreteux et décident de faire une croisière pour s'aérer. La planification de la navigation et du matériel à emporter n'est pas facilitée par les jeux du chien Montmorency, qui fera partie du voyage. Ils parviennent pourtant à boucler d'encombrant bagages qui attirent sur eux des regards moqueurs jusqu'à Waterloo Station. Ayant rejoint leur embarcation, des souvenirs de navigation reviennent aussitôt à leur esprit, ainsi que quelques anecdotes qui trahissent leur désinvolture devant les sites historiques, les tombeaux qu'il est dans les mœurs de visiter à tout venant, ou le labyrinthe de Hampton Court dans lequel Harris s'égare, entraînant avec lui un groupe de touristes et un gardien. Tout devient source de difficultés : les rapports avec les riverains avides, les cygnes belliqueux, les rapides barques à vapeur, les mauvaises nuits à bord, les maladresses des uns, la mauvaise volonté des objets inanimés, la vie de chien de Montmorency, et George qui se met à étudier le banjo ! Lorsqu'ils arrivent enfin à Oxford, il n'est que le temps de retourner. Mais suite à trois jours de pluie, les intrépides navigateurs rentrent en chemin de fer.

    La mince trame narrative du texte est farcie d'une longue série  d'anecdotes relevant de la comédie. Ces anecdotes conventionnelles, répétitives et qui deviennent de plus en plus prévisible, mettent le texte à portée des jeunes lecteurs. L'ensemble alimente une caricature de personnage appartenant à la bourgeoisie.

    Les trois héros sont pris en situation dans leur existence matérialiste et sans grandeur. Les situations semblent plus concrètes et quotidienne qu'imaginées. Comme par exemple la valise trop pleine qu'on ne peut plus fermer, la boite de conserve qu'on ne parient pas à ouvrir, le tableau impossible à accrocher.

    Jerome K. Jerome rit bien sur de lui-même, et son style proche du langage parlé fait de ce roman un texte jeune et gai.

       Ce livre fut vendu à un million d'exemplaire aux Etats-Unis. En Allemagne, des "Clubs Jerome" furent formés. Partout on saluait le jeune écrivain comme le créateur d'un nouvel humour. Chose curieuse, la critique se montra d'abord réticente, voire hostile, et on alla jusqu’à accuser Jerome K. Jerome de " constituer un danger pour les lettres anglaise ". Mais l'enthousiasme du public fut irrésistible. 

     

     


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