• Marquis de Sade - Bio

    Donatien Alphonse François marquis de Sade, est issus d'une vieille famille provençale. Il était seigneur de Mazan, de Saumane et de Lacoste. Il fut élevé à Saumane par son oncle l'abbé de Sade. En 1763, Sade épouse à contrecœur Renée-Pélagie de Montreuil, dont le père est président à la cours des Aides et la mère présidente à Montreuil. La belle-mère de Sade, soucieuse de conserver les privilèges acquis par ce mariage, fera tout ce qui était en son pouvoir pour contenir son gendre et finalement le faire exclure dans les deux plus terribles geôles de la monarchie.

    Peu après son mariage, Sade est incarcéré une première fois pour " actes de débauche outrée en petites maisons ". De plus, il entretiendra publiquement plusieurs demi-courtisanes. Les scandales devinrent de plus en plus graves et difficiles à éviter. Puis, ce fut l'affaire de Marseille en 1772. Dans une partie avec quatre prostituées, Sade et son domestique Latour donnèrent des bonbons cantharidés aux filles, dont l'une se crut empoisonnée. La présidente , qui demandait que soit sanctionné ce gendre turbulent, ne prévoyait pas que les deux hommes seraient condamnés à mort pour "empoisonnement et sodomie". Sade s'enfuit en Italie avec sa belle-sœur, la seconde fille de la présidente, qui était devenue sa maîtresse. Dès cet instant, la présidente n'aura de cesse que son gendre ne soit enfermé et es papiers confisqués ou brûlés. Après quelques mois de fuite, Sade reprend sa vie libertine et est finalement arrête par lettre de cachet, obtenue par sa belle-mère. De 1777 à 1789, Sade est enfermé au donjon de Vincennes puis à la Bastille, où il est maintenu dans l'attente d'une libération que la présidente, après avoir repris ses filles en mains, a fait repousser.

    A la Bastille, Sade créa l'oeuvre la plus originale et la plus inattendue qu'il soit donné de lire, Les Cent Vingt Journées de Sodome. Quatre libertins s'enferment dans un château retiré, avec une quarantaine d'esclaves, pour assouvir leurs sanglants désirs. Ils écoutent l'évocation par des maquerelles de six cents perversions sexuelles, qui constituent un fantastique catalogue des débordements passionnels, classés avec le plus grand soin. Minutieusement, Sade copia les Cent Vingt Journées sur un rouleau aisément dissimulable. Mais le 4 juillet 1789, Sade est transféré sans pouvoir rien emporter à Charenton. Le 14 juillet, son ex-cellule est pillée : le rouleau fut trouvé mais sa première publication n'eut lieu qu'en 1904 à Berlin. La perte de ce manuscrit fit verser à Sade des larmes de sang. Il n'eut de cesse de retrouver l'inspiration hardie des Cent Vingt Journées. La Révolution devait le libérer neuf mois plus tard.

    Sade à cinquante ans. Sa femme entrée au couvent, demande la séparation et ne le reverra jamais. Il rencontre une jeune femme qui restera sa plus fidèle compagne jusqu'à sa mort. Auteur d'un théâtre médiocre, Sade tente obstinément de faire représenter ses pièces, avec peu de succès, et publie Justine ou le Malheur de la vertu en 1791. Sade est accusé de tiédeur sous la Terreur, condamné à mort dans un procès collectif, mais il échappe à la guillotine grâce à la confusion qui règne dans les prisons où on ne le retrouve pas. Puis Robespierre est arrêté et Sade libéré peu après. Il publie alors Aline et Valcour et La Philosophie dans le boudoir en 1795, La Nouvelle Justine, suivie de Juliette sa sieur en 1797. Ces deux livre sont saisis, et Sade arrêté en 1801. Détenu avec sa compagne à l'hospice de Charenton, il joue avec les malades ses pièces de théâtres. Ses papiers sont souvent confisqués et seront brûlés au lendemain de sa mort en 1814.

     

    Ainsi disparaissait Sade à l'âge de 74 ans. Sa tombe et son corps disparurent quelques années plus tard. Il aura été détenu 28 ans, sous tous les régimes, de la Monarchie à l'Empire. En 1815, son roman épistolaire Aline et Valcour est condamné à la destruction par la Cour royale de Paris. Sade reste au XIXe siècle un pornographe lu clandestinement, mais au XXe siècle de nombreux philosophes et artistes ont sondés les profondeurs de cette oeuvre singulière. En 1956, Jean-Jacques Pauvert fut condamné pour avoir publié plusieurs livres de
    Sade " contraire aux bonnes mœurs ". Les oeuvres complètes de l'écrivain sont disponibles maintenant grâce au travail de son biographe Gilbert Lely.   

        

      


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :