• Erik Orsenna - La Révolte des accents

     

    Une jonque qui transporte une troupe de comédiens accoste un jour dans l’île où vivent nos amis Jeanne, son frère Thomas, M. Henri… Le soir-même, ils jouent "Roméo et Juliette", faisant rêver d’amour tous les habitants de l’île. Le lendemain, stupeur ! la jonque est partie. Elle a emporté avec elle les accents et les épices. L’île découvre alors comme la vie est morne sans eux. Comment avaler, jour après jour, du riz sans safran ? Comment s’émouvoir ou s’émerveiller s’il n’y a plus d’accent aigu sur le e ? Jeanne décide de partir à leur recherche, d’autant plus que son frère s’est embarqué avec la troupe pour travailler comme souffleur. Son périple va la mener jusqu’en Inde, dans une vallée magique où se réunissent chaque année des comédiens du monde entier pour un festival secret de théâtre et d’épices. Ne viendraient-ils pas là pour se faire épicer ?

    Mais les accents se sont installés plus haut, sur les contreforts de l’Himalaya. Elle a retrouvé Thomas, qui mènera l’expédition jusqu’à la villégiature des accents, où se rassemblent régulièrement tous les accents du monde. Sur ces hauteurs, Jeanne va commencer à découvrir ce que c’est qu’aimer : accentuer sa vie.

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    Après " La Grammaire est une chanson douce " et "Les Chevaliers du subjonctif ", Erik Orsenna poursuit sa croisade linguistique avec " La Révolte des accents ".

    Selon la genèse, telle qu’elle nous est ici contée, la première ébauche du monde était d’un fade à faire sombrer l’humanité dans la déprime. Revisitant son œuvre, Dieu aurait pris conscience de ce défaut originel et entrepris de donner du goût à sa création. C’est ainsi qu’il créa un jardin des épices, une source de saveurs qui ne cessa de dispenser le précieux condiment de tout commerce humain : le sel de la vie. Aujourd’hui encore, au moindre manque de ce vital adjuvant, le goût de vivre se fait porter pâle. De même en est-il pour les accents. On ne peut les négliger sans attenter à la saveur des phrases.

    On s'évade dans ce pays imaginaire, par mésaventure, on réalise combien la vie a besoin de saveur, d'accentuation ! C'est un conte où l'amour entre les accents est possible. Où les chats sont les gardiens de la mémoire de leurs maîtres. Où tout est lumière et où l'auteur nous offre une explosion de couleurs, de senteurs et de saveurs à chaque page.

    Extrait : 

    " Depuis quelques temps, les accents grognaient. Ils se sentaient mal aimes, dedaignes, meprises. A l’ecole, les enfants ne les utilisaient presque plus. Les professeurs ne comptaient plus de fautes quand, dans les copies, ils etaient oublies. Chaque fois que j’en croisais un dans la rue, un aigu, un grave, un circonflexe, il me menaçait. 

    " - Notre patience à des limites, Don Luis. Un jour, nous ferons la greve. Attention, Don Luis, notre nature n’est pas si douce qu’il y parait. Nous pouvons causer de grands desordres.

    " Je ne les prenais pas au serieux. Je me moquais :

    " - Une greve, allons donc ! Et qui ça derangerait, une greve des accents ?

    " Je sentais bien monter leur colere. Je ne croyais pas qu’ils preparaient quelque chose.

    " J'en suis certain, quand j’y pense, c’est l’affaire des ordinateurs qui a tout declenche.


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