• Edmund Cooper - Le Jour des fous

    Nous sommes en 1971, en plein été, tout est ensoleillé, tout est beau, tout est calme. Étrangement, on constate une légère augmentation des suicides…Enfin légère, disons une augmentation notable. Puis l’été se prolonge, de façon anormale, et le taux de suicides atteint des sommets. Chose encore plus étrange, cette vague de suicides ne touche pas les excentriques et les gens un peu fous. L’ampleur de ce phénomène est tel que les scientifiques cherche sa cause et la trouve : ce serait les rayons Oméga d’éruptions solaires qui affecteraient la psyché humaine et révéleraient des pulsions de mort. Bientôt l’Angleterre, où l’histoire prend place, se vide de sa population et voit ses villes puis son système tomber en ruines au gré des morts qui s’entassent.

    Greville, un homme ordinaire ne compte pas au rang des victimes, mais au rang des survivants. En pleine Angleterre où les chiens, les chats, les cochons ou encore les rats s’organisent en meutes, où l’homme doit se terrer ou bâtir sa propre harde, en cette Angleterre, Greville survit tant bien que mal lorsqu’en allant commémorer la mort de sa femme dans un Londres revenu à l’état sauvage, Greville tombe sur une femme étrange qui fuit une meute canine…

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    Tous les thèmes classiques du post-apocalyptique sont présents mais utilisés avec discernement et justesse. Edmund Cooper n'en fait jamais trop. Il réussit un dosage parfait entre scènes violentes et introspectives, entre espoir et renoncement. Mais sa meilleures réussite est sans doute son personnage principal. Un homme ambigu, une sorte de héros malgré lui que les circonstances conduisent à prendre en main la destinée d'un groupe de survivants.

    La fin du roman, trente ans plus tard, verra Greville qui aura restauré une partie de la civilisation, boucler la boucle en revenant terminer sa vie sur le pont de Chelsea.
    La fin du monde par les radiations, un thème de plus dans la longue cohorte des romans cataclysmique, un thème qu’Edmund Cooper traite de façon remarquable. C’est un roman d’une grande force renouvelant le genre par le fait que les survivants sont des psychopathes de tous poils ce qui permet une approche plus fouillée des motivations humaines. Avec de l’action, des temps forts, de l’humour, le texte mêle habilement les moments de tension et les moments de réflexion. Un modèle du genre dans la tradition anglaise.

    Le jour des fous datant de 1966 et traduit en 1971, aurait très bien pu inspirer Mad Max à ses créateurs. De plus, Gréville, tout comme Mad Max, est un solitaire se battant en fin de compte pour la bonne cause.      

    Le jour des Fous est une réjouissante fable amorale, rapide et enlevée, un roman d'action moins anodin qu'il n'y parait, et qui se lit d'une traite. Une sorte de classique sans prétention qu'il serait impardonnable de manquer. 

     


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