• Arthur Conan Doyle - Les Aventures de Sherlock Holmes

    Douze enquêtes policières et un détectives-gentleman :

    Une photo compromettante qui doit être récupérée (Un scandale en Bohème) ; une étrange association de rouquin (La Ligue des rouquins) ; un fiancé qui disparaît le matin du mariage (Une affaire d'identité) ; un meurtre commis dans la campagne anglaise et un fils suspecté d'avoir tué son père (Le Mystère du Val Boscombe) ; des menaces étranges et d'inquiétante disparitions (Les Cinq pépins d'orange) ; un mari bien comme il faut qui disparaît dans un quartier sordide (L'Homme à la lèvre tordue) ; un joyau inestimable retrouvé dans le jabot d'une oie (L’Escarboucle bleue) ; un meurtre commis dans une chambre close (Le Ruban moucheté) ; un contrat mystérieux et une presse hydraulique comme arme du crime (Le Pouce de l'ingénieur) ; un aristocrate qui voit sa jeune épouse (et sa dot) lui échapper dès la fin de la cérémonie (Un Aristocrate célibataire) ; un fils indigne accusé d'avoir volé son père (Le Diadème de béryls) ; enfin une gouvernante payée pour jouer un jeu étrange (Les hêtres rouges) ; tels sont les douze mystères qui constituent les savoureuses Aventures de Sherlock Holmes.
    Des retrouvaille ingénieuses, toujours aptes à éveiller la curiosité du lecteur, un soupçon de mélodrame, un rythme enlevé et, planant sur l'ensemble, l'ombre de la mort : tels sont les ingrédients qui ont assuré aux Aventures un succès immédiat auprès du grand public.

    Certes, le détectives n'en était pas à sa première apparition, mais le cadre du roman était moins adapté que la nouvelle, laquelle permettait un récit court, nerveux, bien centré sur l'enquête qui plut immédiatement, d'autant plus que la permanence de certains éléments (le cadre, le couple Holmes-Watson, les manies du détectives) permettaient de fidéliser le lecteur. 

    S'inspirant des Contes de ratiocination d'Edgar Poe, tout n donnant plus d'épaisseur romanesque à son héros, mais sans verser dans les facilités de la littérature populaire, Conan Doyle, presque malgré lui, crée un genre : le "roman" policier à énigme de bon aloi. En 1891, avec les Aventures, se levait "sur le sinistre empire du crime", selon la jolie formule de Frédéric Lacassin, "le matin des logiciens".

    Si Sherlock Holmes a quelques prédécesseurs (le Dupin d'Edgar Poe, le policier Lecoq, le détective Tabaret dit Tirauclair d'Emile Gaboriau), il a fait surtout plus d'émules : détectives distingués pratiquant l'enquête plus par amour de l'art que par nécessité et toujours entre gens de bonne compagnie. C'est la "murder party", ou la prouesse intellectuelle et l'élucidation importe plus que le crime lui-même. Héritière en droite ligne de cette tradition, l'on trouve bien sur Agatha Christie et ses constructions sophistiquées. En France, le "fils naturel" de Sherlock Holmes n'est autre que Rouletabille, soucieux de prendre "la raison par le bon bout"

     


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