• Venu à Vienne à la demande d'Harry Lime, Martins Calloway apprend, le jour de son arrivée, qu'on enterre celui-ci, fauché la veille par une voiture. Au cimetière, Calloway lui révèle que Lime était un trafiquant recherché par la police. Incrédule, Martin enquête. Les témoignages contradictoire qu'il recueille lui donne la conviction que cette mort est suspecte...

     **********

    Originellement, Le Troisième Homme est un scénario commandé à Graham Greene en 1948 par le producteur anglais Alexander Korda, qui cherchait un sujet sur l'occupation de Vienne par les quatre grandes puissances (Grande-Bretagne - Etats-Unis - France - Union Soviétique). 

    Carole Reed réalisa en 1949 le film resté célèbre grâce à la participation d'Orson Wells et à un leitmotiv musical à la cithare. 

    Le drame de conscience de Martins partagé entre l'amitié et l'horreur, la restitution de l'ambiance sinistre de Vienne, font du roman dont l'intrigue policière est menée avec la maestria coutumière à l'auteur, un classique du suspense.

    Le plus étonnant chez Graham Greene est l'extraordinaire facilité avec laquelle on pénètre à l'intérieur de ses récits. Dès les premières pages, il fait naître chez son lecteur une quantité d'attention que peu de romanciers peuvent se flatter d'avoir su obtenir et qui dépasse la simple notion de récit bien mené.

    On y trouve des thèmes récurrents chez Greene, dont la trahison (sûrement parce qu'il fut un temps agent secret ?), et malgré sa catégorie "polar" c'est un aussi un roman sur l'amitié. Rien à dire sur l'écriture ou le style, impeccables, c'est court mais dense, terriblement efficace, avec un juste dosage de tous les ingrédients typiques du polar. Magistral !

     


    votre commentaire
  • Un livre effrayant, documenté et courageux qui dénonce l'emprise de la Camorra sur le monde qui nous entoure.

    Les familles mafieuses se réunissent autour de leur chef, que nous appelons " le parrain ". Elles livrent parfois à des guerres de territoire et de succession sanglantes. La Camorra domine la vie économique et commerciale de la Campanie. Son fonctionnement est similaire à celui d'une multinationales du crime et ses leaders ont intégré les codes de l'emprise et de la mondialisation.

    Les chefs d'entreprise locaux, s'ils veulent du travail, sont obligés de devenir des salariés de la Camorra car, lorsqu'un appel d'offres est lancé pour obtenir un marché public, c'est ele qui envoie ses sous-traitants. Il s'agit d'une manière de réinvestir et blanchir l'argent, y compris à l'étranger. 

    La Camorra est profondément enracinée et bénéficie de la complicité de certains politiciens et de certaines industries, notamment pour le traitement illégal de déchet toxique et elle se positionne aussi, avec les Chinois, sur le marché du textile et de la contrefaçon des grandes marques.

    On en ressort sonné, incrédule parfois, et pourtant convaincu que Saviano expose la vérité que tout le monde refuse de voir. Des tueries morbides et horribles qui se passent dans notre siècle. Il faut pourtant admettre que nous ne somme pas dans un roman mais bien dans la réalité.

    Roberto Saviano vit depuis dix ans sous protection policière. Aujourd'hui, l'écrivain italien lance aux boss mafieux : " Je suis toujours vivant ! "

    Gomorra s'est vendu à plus de dix millions d'exemplaire dans le monde. 

     

     


    votre commentaire
  • L'inspecteur Juve, de la Sûreté, traque depuis de nombreuses années un ennemi sans identité et sans visage, que l'opinion publique connaît sous le nom de Fantômas pour ses crimes et délits. Alors qu'il est chargé de l'enquête sur la mystérieuse disparition de Lord Beltham, un aristocrate britannique très en vue à Paris, il apprend l'effroyable assassinat de la marquise de Langrune, dans son château de province. Comme il explore les pistes sur ces différents dossiers, Juve se rend compte rapidement qu'elles sont liées par plusieurs éléments troublants. Progressivement, il en vient à soupçonner un certain Gurn, qu'il se met en tête d'arrêter à tout prix.

    **********

    Fantômas est un génie du crime. Il triomphait, il y a un siècle dans une série de trente-deux volumes. Il a malheureusement été occulté par la série comique avec un De Funès au mieux de sa forme. 

    A travers romans, poèmes, tableaux, films dramatiques, feuilletons radiophoniques, bandes dessinées... Fantômas a nourri les imaginaires sous les incarnations diverses.

    Le succès de Fantômas est une affaire de vitesse. La première copie de Fantômas est livrée en décembre 1910 et ce sera désormais un volume par mois qu'il faudra produire. En effet, la collection du " Livre populaire " de Fayard, dans laquelle les romans sont publiés, est la première à proposer des romans complets à bas prix.

    Fantômas de présente comme une formule de transition entre le feuilleton du XIXè siècle et les romans en volumes du XXè siècle. Avec leur titres identifiables, les épisodes semblent offrir " un récit complet " dans lequel le lecteur peut suivre deux ou trois fils narratifs entrelacés conduisant d'un ensemble de crise (vols, meurtres, enlèvements) à leur résolutions. Fantômas est démasqué, sont complot démantelé, ses victimes sauvées, mais cette unité est aussitôt démentie : les auteurs prennent soin de ménager un dernier coup de théâtre dans les dernières pages afin de relancer l'intrigue et de préparer la prochaine péripétie.
    Ces rebondissement de dernière minutes empêchent la cloture du roman et feuilletonisent ainsi l'oeuvre puisque la dernière crise n'est, chaque fois résolue que dans le volume à venir.

    Si la littérature policière a toujours été tiraillée entre la clarté et les ténèbres, Fantômas fait nettement le choix des ténèbres. La nouveauté de l'oeuvre tient en partie au choix qui est fait de donner une place centrale à la figure du criminel.

    Il est temps de relire, dans leur versions intégrale les effroyables exploits de celui qui fut l'un des héros populaires les plus sombres et les plus inquiétant du XXè siècle.       

     


    votre commentaire
  • Qui supprime un à un les princes de la dynastie Tang ? Qui s’acharne contre les quatre cent mille habitants de la capitale qu’un tirage au sort a condamnés à s’exiler dans une autre ville ? Tandis que le juge Ti poursuit les assassins de tous bords, sa Première Épouse, l’ineffable dame Lin, s’efforce de retrouver leur fille cadette, Petit Trésor, qui s’est mêlée au convoi dans l’espoir de rejoindre son amoureux secret, un beau danseur de sabre au passé ténébreux.

    **********

    Des enquêtes savoureuses où mystère et humour se mêlent pour notre plus grand plaisir.

    De toutes les aventures du juge Ti, celle-ci est à coup sûr l'une des plus savoureuses, mais aussi l'une des plus dramatiques. Car son point de départ, parfaitement véridique, est terrible : pour éviter la famine, la cruelle impératrice qui règne sur l'empire du Milieu ordonne l'exil de cent mille familles.

     Ces enquêtes s’efforcent de situer avec précision le juge Ti dans le contexte historique de la dynastie des Tang, qui marqua l’apogée de l’Empire du milieu. Afin de restituer les mœurs, les usages et le raffinement de cette civilisation, Frederic Lenormand se fonde sur les nombreux travaux parus dans le monde entier ces quarante dernières années, ainsi qu’indiqué dans les postfaces documentaires qui concluent chaque tome à partir de Guide de survie d’un juge en Chine. L’intérêt de ces livres repose à la fois sur une intrigue criminelle à la Agatha Christie version asiatique, sur la personnalité d’un mandarin plein d’ironie face aux aléas de l’existence, et sur la reconstitution d’une culture chinoise diverse, inattendue et rayonnante. 

     


    votre commentaire
  •  

    Sur les bords du Mississippi, la vie du jeune Chactas commence mal. Sa tribu vaincue, son village détruit, son père mort, ce jeune Indien intrépide, après un rapide passage par la ville, a été fait prisonnier par ses ennemis héréditaires. Promis à une mort atroce, ses derniers jours sont pourtant illuminés par la présence d'Atala, la fille du grand chef. Cet amour lui rendra peut-être la vie. Les deux jeunes gens pourront-ils s'enfuir et échapper à leur destin ? 

    **********

    Atala résonne comme une parabole biblique, une histoire déclamée par une voix incroyablement solennelle. Ce récit est entièrement empreint s'une grâce qui par moments va jusqu'à l'affectation. L'histoire est simple et déchirante : la passion entre deux Indiens d'Amérique à qui le destin refuse la félicité ; à la manière d'une tragédie grecque, les héros sont les jouets de la Providence.

    Dans cette touchante histoire, où la force de la passion est peinte avec éloquence, Chateaubriand révélait à l'Europe un monde tout nouveau : les grands lacs et les forêts vierges de l'Amérique du Nord, le contraste de la vie sauvage et de la vie civilisée; donnèrent à son roman une perspective lointaine qui en augmenta l’intérêt. 

    Ce livre est une splendeur de style. Il annonce le romantisme sans demi-mesure. Les phrases coulent au point que cette lecture est d'un agrément exquis.

     

     

     

     

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires